Sonia J. FATH
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Retour en enfer...

...après le bonheur au Burkina

jeudi 25 mars 2010, par Sonia

1er mars, départ de Strasbourg à 18h16 par le TGV pour Paris. Je quitte une ville, une région, la seule de toute la France colorée tout en bleu sur la carte des tendances politiques. J’ai quitté une commune, une région où des gens se suicident, non parce qu’ils ont perdu la tête, mais parce qu’ils ont perdu l’espoir, l’espoir de voir un jour leur situation s’améliorer, l’espoir de trouver quelqu’un qui s’occupe d’eux. Peu avant de quitter, une connaissance qui habite à 700 m de chez moi m’écrivait "Je n’ai pas à m’occuper de tes problèmes !" Je ne lui ai pas encore répondu, mais elle et tant d’autres sont à l’origine de mes problèmes. Ce sont des gens tellement égoïstes que, chez nous, des gens âgés meurent dans des appartements et que quelqu’un remarque leur absence uniquement lorsque le cadavre commence à puer de telle sorte que ce n’est plus respirable. Ça c’est le monde moderne des blancs, des "nassaras" qui en veulent toujours plus, toujours plus, peu importe les dégâts. Eux d’abord, les autres, ils ne connaissent pas. Une responsabilité face au prochain, ils ne connaissent pas. J’ai quitté une Alsace que je trouve dégoutante.

Dans le train, je peux lire et écrire mes idées sur la Spirale Dynamique de Don Beck avec lequel j’approfondis la question. Arrivée à la gare de l’Est, on me dit que je dois me rendre à la gare du Nord pour prendre le RER B jusqu’à Antony. Heureusement que l’on trouve encore quelques personnes gentilles pour vous expliquer que vous êtes du mauvais côté de la voie et que pour Antony, c’est de l’autre côté. Après 30 à 45 minutes d’attente, le RER arrive enfin. Une ou deux rames n’étaient pas venues, nul ne sait pourquoi. A Antony, je sors de la gare pour prendre un bus, mais personne ne savait lequel allait à Orly ou plutôt à Rungis, car l’hôtel que j’avais réservé le matin même était à Rungis. Comme il n’y avait pas de bus, je décide de prendre un taxi, mais il n’y avait pas non plus de taxi, juste un poste d’appel de taxi. Comme je ne savais pas comment ces engins fonctionnent, j’appuie sur le bouton, une lumière rouge s’allume, et la ligne sonne occupée. Je me suis dit qu’elle allait bien sonner libre à un moment ou un autre et ne cesse d’appuyer, mais rien n’y fait. Heureusement qu’une jeune femme s’approche qui, elle, a un de ces "engins du diable" qui s’appellent téléphone portable et elle fait le numéro indiqué sur le haut du poste d’appel, une voix retentit et après plusieurs va-et-vient d’appels, elle a pu dégoter un taxi qui est venu nous prendre toutes les deux. Elle est allée à Fresnes et a payé 7,80 euros et moi de Fresnes à Rungis 7 euros. Par curiosité je voudrais voir si la distance de Antony à Rungis n’est pas plus courte. Mais cela m’était tellement égal, il était 23 heures passées et je ne songeais qu’à trouver un lit, ce qui fut fait pour 52 euros à l’hôtel Première Classe. La chambre n° 216 avait été refaite, le scotch de protection anti-peinture était encore sur le thermostat du radiateur, elle était pour deux personnes, je crois qu’elles le sont toutes maintenant, mais 52 euros c’est drôlement cher. A ce prix, j’ai renoncé à un petit déjeuner et me suis contentée de deux pommes. La veille, le dîner à 23h était composé de deux bananes, ce qui a de nets avantages sur la balance, comme je le verrai le lendemain matin.

Le vol Air Burkina avec un avion de Hifly, compagnie portugaise comme le nom ne l’indique pas, se passe sans problème. Le personnel à bord est burkinabé et portugais et je peux même échanger quelques phrases en portugais avec le plus jeune, ce qui me provoque une vraie petite chaleur au cœur. Comme mon numéro de siège n’existait pas et qu’en fait on m’a expliqué que je peux m’asseoir n’importe où dans un périmètre donné, j’ai décidé de m’installer de l’autre côté, un rang derrière le grand burkinabé qui, dans la salle d’attente, était parti s’acheter à manger tellement il avait faim et qui de ce fait a failli ne pas être là quand l’embarquement a commencé avec 3 heures de retard. J’avais commencé à prendre ses affaires puisque nous avions déjà échangé quelques mots dans la salle d’attente. Mais il est finalement revenu assez vite pour les prendre lui-même. Puis nous sommes montés dans l’avion...

S’en suivirent 13 jours merveilleux au pays des hommes intègres avec une révérence devant la tombe du cher Thomas et me voici de retour dans cette région infestée d’égoïstes complètement déshumanisés au point de faire fuir les humanistes dégoutés de ce monde de brutes.

1 Message

  • bonjour 25 mars 22:20, par KABRE

    Bonjour Sonya, j’apprécie beaucoup vos idées et surtout bon courage

    Adama du Burkina Faso

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