Sonia J. FATH
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Ocaline et francs-maçons

lundi 1er mars 2010, par Sonia

La première fois que mon ami a vu ce terme, il m’a demandé « mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? » quand j’ai dit que j’étais Ocaline. Je ne sais plus ce que je lui ai répondu pour lui expliquer sa signification. Mais aujourd’hui je sais l’exprimer clairement : ce sont des femmes et des hommes qui se regroupent en inventant de nouvelles règles entre eux qui leur permettent de réparer le mal fait par nos ancêtres en Afrique et nos compatriotes dans nos régions. Ces règles leur enjoignent d’accepter de vivre dans la sobriété volontaire, l’argent étant devenu un mal mondial affamant et tuant des millions de personnes, mais aussi de vivre et de travailler avec des personnes d’autres cultures car elles nous permettent un enrichissement incommensurable pour nos réflexions et nos actions.

Le lieu de vie est appelé monastère citoyen. Quand on adhère à un tel Ordre laïc, humaniste et citoyen, on devient cousin et cousine, puis après une période d’adaptation, on devient sœur ou frère. L’entrée s’effectue après une réflexion personnelle et un bilan sur sa vie. Puis il y a le jeu des rencontres et des contacts entre membres. Nous tissons des liens de fraternité en face à face mais aussi au travers d’Internet avec l’objectif de se retrouver personnellement par la suite et de vivre dans un monastère citoyen, pour quelques temps ou pour le reste de la vie.

Chez les Ocalines et Ocalins, le symbole de notre mouvement est le bateau, l’autorité responsable est donc appelée capitaine. C’est une personnalité reconnue pour son travail passé et présent dans la réparation de fautes. En tant que capitaine, on se met à la disposition de ses membres et d’autres monastères citoyens dans le besoin.

Au cours de la journée Porte ouverte chez les francs-maçons qui s’est tenue le 27 février à Strasbourg, j’ai eu l’occasion d’approfondir mes connaissances de la franc-maçonnerie. Chez eux, il s’agit de personnes qui se réunissent pour réfléchir et apprendre à écouter l’autre. Chez nous, les personnes se regroupent pour réaliser des actions concrètes d’amélioration sociétale. Être Ocaline ou Ocalin, c’est être conscient que la fraternité va bien au-delà de l’amitié, elle ne peut donc pas être intéressée, mais se doit d’être bienveillante en toute situation, et particulièrement lorsque l’on se retrouve face à quelqu’un en situation de faiblesse ou de vulnérabilité par rapport à soi-même. Dans l’article de journal qui précédait ma visite à la journée de porte ouverte, je pouvais lire « Nous prenons l’engagement de garder un regard constructif sur notre frère ou sœur ». J’avais entendu dire que les francs-maçons avaient des règles strictes au sein de leur communauté, mais que dès que la séance « officielle » est terminée, les hommes se lâchent en blagues stupides et vulgaires et quolibets en tous genres. Une fois hors de leur milieu, les francs-maçons ne sont donc pas différents des autres hommes. La conséquence est que, même si la franc-maçonnerie compte 10% de la population, elle n’a pas d’influence positive sur l’amélioration sociétale. Elle ne fait qu’accompagner le SYSTEME et ne peut s’étonner de recevoir des questions sur le secret, la corruption et le soutien aux membres défaillants. C’est exactement comme ce que j’ai entendu il y a des années d’une responsable de la Maison des Associations de Strasbourg qui m’écrivait que les dirigeants d’association ne sont pas différents des autres gens parce que je critiquais leur comportement indigne. Je me suis dit tout de suite que ce n’est pas étonnant que la pauvreté ne fait que s’accroître et que les gens soient de plus en plus égoïstes et abandonnent ceux qui ont besoin d’aide en les poussant à se suicider. En France, nous avons un grand talent pour abandonner les personnes les plus évoluées en conscience, être Ocalin est une très bonne école pour changer son comportement.

L’engagement d’un Ocalin ou d’une Ocaline ne consiste pas seulement à garder un regard constructif sur ses frères et sœurs, mais à vivre le message, la mission dans le quotidien de la vie personnelle dans l’environnement et les contacts de chacun. C’est donc une contrainte que l’on s’impose, car sans contrainte l’amélioration n’est pas possible. Je suis Ocaline depuis près de dix ans, mais je n’ai fait mon choix de réparation qu’en 2009. Dans mon cas, il s’agit de réparer l’assassinat d’une jeune Sénégalaise par un militaire français. Mais aussi de sauver des femmes dont le capitalisme détruit la vie.

Les monastères citoyens que nous pourrons construire seront le lieu de notre vie et de notre travail pour ceux qui s’engagent dans la durée. On devient Ocalin ou Ocaline après un travail d’évolution personnelle, de réflexion sur sa vie et de la recherche d’un sens à lui donner.

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