Sonia J. FATH
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Hommage à Norah Touati

Encore un suicide à 25 ans. Merci la France...

mercredi 20 janvier 2010, par Sonia

Je ne l’ai pas connue, jamais vue, ni même en image, mais elle était une jeune femme, un être humain vivant de nos jours dans une ville de taille moyenne avec des dizaines de milliers d’habitants. Elle avait 25 ans. Une vie gâchée, massacrée par la société. On nous dit qu’elle faisait partie d’un SEL, un système d’échanges locaux. On nous dit qu’elle était avenante, qu’elle faisait beaucoup de choses, que personne ne se doutait de ce qu’elle allait se suicider.

Personne ne se doutait parce que personne ne se préoccupe de son prochain. Nous sommes dans une société meurtrière où seuls les plus forts et les plus dociles survivent. Dans cette société, l’artificiel et le superficiel font la loi. Bon nombre de personnes seules sont en danger. Elles n’étalent pas leurs problèmes devant tout le monde, mais cela ne signifie pas qu’elles n’en ont pas. Bien au contraire. Dans une famille où l’on s’entend, on peut débattre de ses problèmes et souvent trouver solution. Avec les soi-disant amis, c’est tout autre chose. Ils devraient remplacer la famille, là où elle fait défaut, mais leur politique de l’autruche, c’est de ne pas se mêler des affaires des autres. C’est bien ainsi qu’une femme se fait tuer tous les trois jours par son compagnon ! « Moi d’abord et s’il reste du temps, je penserai aux autres », c’est l’attitude normalement acceptée par tous dans le pays de la farce droits de l’homme.

Dorah était originaire d’un pays musulman, elle était venue toute petite avec ses parents en France. Influencée par le monde orange-vert (cf. spirale dynamique) qui l’entourait, elle avait choisi de vivre sa vie à la française, donc vivre sa vie et se marier si le bon compagnon allait croiser son chemin, mais il n’y avait pas urgence et surtout épouser un homme fourni par la famille, il n’en était pas question. La famille, bien ancrée, dans le rouge-bleu ne le voyait pas ainsi : tradition, tradition, rien ne vaut la tradition. Les autres évoluent. « Nous non ! » La famille de Dorah n’arrêtait pas de la harceler qu’il était temps de se marier. C’était devenu insupportable. Elle était partie fâchée. Mais l’emprise de la famille ne lâche pas ce qu’elle considère comme sa propriété. Même de loin, le harcèlement se poursuivait. Impossible de s’y soustraire. En plus, quand les amis ne sont que des amis par intérêt, on n’a pas envie de leur parler de ses problèmes. C’est un aveu d’impuissance de ne pas s’entendre avec sa famille, de la voir tenter de dominer sa vie, à 25 ans, en pleine liberté d’action.

Dorah, sa vie, on aurait pu la sauver. On aurait pu s’il y avait déjà eu les Résidences Caroline Michel qui doivent venir en aide aux personnes abandonnées par les autres. Notamment à celles qui ont déjà fait une tentative de suicide et qu’on a l’habitude d’enfermer chez les malades mentaux comme si vouloir quitter une société de mépris était signe d’une maladie mentale. De toute façon, les maladies mentales, c’est comme les malades sexuels, les psychiatres et autres psy sont totalement dépassés. Nous avons besoin d’un hectare dans une banlieue de ville pour la première maison. Cette situation de suicides suite à abandons est inacceptable.

Dorah, si les choses se passent comme je l’imagine, ta conscience de liberté a quitté ton corps et a déjà trouvé un nouveau corps à habiter et à aider à améliorer les basses choses de ce monde.

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