Quand une association locale de parents d’élèves pratique la discrimination sociale et raciale au point de vous couper le souffle car vous ne correspondez pas à un prototype "bobo caviar", comme le ferait une discothèque qui refuse l’accès à un étranger ou à un pauvre !
Parent d’élèves à Haguenau, j’ai souhaité intégrer une association locale de parents d’élèves très connue sur le plan national pour ses idées progressistes, du moins, je le pensais.
Ce que j’y ai appris, c’est comment évincer une personne d’origine sociale ou ethnique indésirable. C’est tout simple. Lors de la constitution du conseil local, on monte une élection aux allures faussement démocratiques. Le jour même de cette élection, on augmente miraculeusement le nombre d’adhérents et on limite de manière étrange le nombre de personnes constituant le bureau ! L’affaire est jouée, ainsi on évince subtilement et hypocritement la personne.
Pourquoi cette discrimination de l’autre ? Visiblement parce que les quelques parents d’élèves qui sont dans ce genre d’association œuvrent uniquement pour leur progéniture et veillent à ne pas être mélangés à des personnes qu’ils jugent misérables ou "intouchables" par leurs origines sociales ou ethniques ou leur personnalité. Ces mêmes parents font pression sur l’établissement, subtilement mais avec insistance, pour créer des filières élitistes afin que leur progéniture ne soit pas mélangée à des étrangers et des cas sociaux.
Ainsi le conseil local de l’association devient une sorte de club privé discriminatoire pour parents bobos qui pensent que la réussite de leurs enfants nécessite le nettoyage des classes. Leurs enfants sont trop bien pour être mélangés à "la populace". Eux-mêmes ne doivent pas fréquenter le type de parents qui ne sont pas assez caviars à leur goût.
On évince l’autre dans la lâcheté, sans le dire franchement, car il s’agit d’être hypocrite et subtil. On objectera que la personne n’a pas accepté les règles démocratiques (argument fallacieux et facile) même si on sait parfaitement bien qu’on a usé d’une démocratie carnavalesque. On se donne une bonne conscience de discrimination car le sens de leur civisme à eux c’est d’écarter tout ce qui ne semble pas conforme à une part de la classe moyenne embourgeoisée.
Mais quand on agit de manière discriminatoire, œuvre-t-on pour une école juste qui donne sa place à tous ? Cette vision sectaire et égoïste ne mine-t-elle pas la confiance, ne condamne-t-elle pas ces associations à devenir des clubs stériles voués à la mort ? D’ailleurs, nos gouvernants ne tiennent plus compte de leur avis quand il s’agit de supprimer des postes dans l’école, ce qui creuse inévitablement les inégalités au sein de notre école républicaine. ((Mais c’est sans doute ce que l’on cherche, car il faut diviser pour mieux contrôler !))
J’espère que cette dérive sectaire du conseil local de Haguenau n’est pas à l’image de l’ensemble de cette association. J’ose espérer qu’il existe des conseils locaux ouverts à tous, en toute démocratie et en toute transparence. C’est seulement dans cet esprit qu’on peut faire progresser l’école républicaine vers le chemin de la fraternité, de l’égalité des chances et de la justice.
Madame Monnet*, parent d’élève à Haguenau
* nom changé par la rédaction
