Sonia J. FATH
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Disséquer les relations sociales

L’état des contacts de socialisation

mardi 8 décembre 2009, par Sonia

Depuis que j’observe la société, j’observe les inconnus, mais je ne peux pas non plus m’empêcher d’observer les gens connus, c’est comme une déformation professionnelle, comme chez un psychologue qui ne pourrait plus avoir une conversation normale où il ne serait pas en train d’étudier de manière psychologique ce qui s’échange !

La destruction sociale se mesure en heures de contact social et d’activité rémunérée dignement. Ici nous mesurons le contact social.

Nous avons vu dans l’article sur la relation duale qu’elle peut être constructrice de bien-être ou destructrice. Je me suis donc amusée à noter pendant deux semaines les contacts sociaux que m’autorisaient mes concitoyens. Afin de faire une comparaison, j’ai d’abord fixé les heures par jour disponibles pour le contact humain. La journée compte 24 heures, mais je pars du fait que 11 heures sont pour la nuit et autres activités personnelles, 13 heures sont donc disponibles pour des contacts sociaux, soit 780 minutes très exactement chaque jour.

J’ai commencé lundi, le 16 novembre. Aucun contact, 4 messages reçus, 5 envoyés. Le lendemain, j’ai eu droit à une demi-heure le matin et 3 heures le soir, ce qui fait près de 30% de mes 13 heures. Ce jour-là, j’ai reçu 2 messages et en ai envoyés 3. Mercredi, j’ai eu droit à exactement 1 minute de contact social, puis le vide jeudi et vendredi. Du côté des courriels, ce n’est guère mieux. Pour mercredi, 7 messages reçus et 5 envoyés. Samedi, j’ai eu droit à 10 minutes de conversation dans un magasin et dimanche trois heures de compagnie, mais seulement 10 minutes de conversation intéressante ! Je vous épargne le comptage des messages, la moyenne étant de 4,43 reçus et 6,71 envoyés. C’était une semaine particulièrement dure, parce que la moyenne de mes contacts humains faisait exactement 4,51% de 5460 minutes ou 7x13 heures !

La semaine suivante, j’ai grimpé à 16,12%, particulièrement en raison d’un joyeux lundi. 7 heures passées chez quelqu’un à discuter de choses intéressantes, cela ne m’était plus arrivé depuis mon ancienne vie d’étudiante ou de jeune salariée en Allemagne. Presque 54% des mes 13 heures par jour occupées avec quelqu’un d’autre ! Fantastique. Le mardi n’était pas mauvais non plus avec de nouveau une demi-heure le matin et 3 heures le soir. Mercredi et vendredi étaient occupés respectivement avec 2 heures de travail hors de chez moi, soit au moins 15% de mes 13 heures. Jeudi était encore supportable, mais je me souviens que samedi et dimanche sans voir personne, sans parler avec personne étaient extrêmement durs à supporter.

Si je suis tellement rentrée dans les détails, c’est pour bien montrer comment la dominance ORANGE de la Spirale Dynamique dans nos sociétés occidentales détruit la vie et peut-être que cela aidera à comprendre pourquoi je suis passée d’ORANGE (au début de ma carrière professionnelle) à VERT (encore en Allemagne), de VERT à JAUNE (après mon retour en France) et de JAUNE à TURQUOISE aujourd’hui et même un peu au-delà. Les textes "La Spirale Dynamique et l’évolution" et "La Spirale Dynamique et le changement" que l’on ne peut obtenir que sur demande permettent aussi de comprendre. Selon les explications de Clare Graves, j’ai l’esprit ouvert alors que d’autres l’ont "coincé" ou "arrêté".

Merci en tout cas à la femme et à l’homme qui se reconnaitront et qui sont les deux seules personnes avec lesquelles mon travail si spécial est possible. Car la dynamique dans laquelle je suis a besoin d’être soutenue. Et c’est ce que j’obtiens de ces deux personnes particulièrement précieuses, de personne d’autre. Et c’est pour cela que j’ai besoin de me retirer dans un monastère citoyen, car une vie à ce rythme n’est pas tenable dans la durée.

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