En relisant un ancien exemplaire de Éveil et Évolution, je suis tombée sur une interview du Dalaï-Lama où il dit qu’en occident "nous avons perdu le fondement éthique que les traditions religieuses nous apportaient." Comme moi depuis des années, il se demande "comment trouver une nouvelle morale adaptée à notre époque scientifique". Je dirais même, notre époque financière puisque tout tourne autour de l’argent et de l’intérêt personnel.
Dans cette interview, il raconte son entretien avec un politicien allemand qui voudrait que l’éthique et la morale se fondent sur une foi religieuse. C’est vouloir cacher tout le mal qui a été fait au nom de la religion. En 2009, on sait ce que la religion a apporté, ce qu’elle a fait et tout ce qu’elle n’a pas fait, elle ne peut donc avoir vocation à être le fondement de la morale et de l’éthique. Un exemple concret des méfaits de l’Eglise et en particulier du pape, c’est qu’elle ne se préoccupe pas de réduction de la population bien au contraire. Comme si nous vivions encore dans les mêmes conditions qu’en l’an 2000, elle profession la multiplication à l’infini des enfants. C’est dans un petit film que j’en ai eu, une fois de plus, la représentation. Une femme demande à un homme : "Tu as des enfants ?" Lui répond : "Oui, 4". Dans ma tête, je me dis cela fait au moins 2 de trop en raison des dégradations immenses de l’homo sapiens de la planète. Et lui de rajouter : "Tu sais nous sommes catholiques !" Est-ce que être catholique empêche de réfléchir, de poser des questions ? Comment peut-on encore penser dans ces catégories rétrogrades à une époque où tant de gens meurent de faim, car il n’y a plus assez pour tout le monde sur terre, puisque les gros cochons d’Occident ont besoin de tellement de calories.
Dans son interview, le Dalaï-Lama rajoute : "Selon moi, un système moral doit nous fournir un code de conduite ou une manière de penser qui tiennent compte du bien-être et de la joie à long terme. Et je crois que nous devons trouver une éthique séculière, autrement dit non religieuse."
C’est tout à fait mon point de vue et ce à quoi je travaille depuis plus de 10 ans. J’adore aussi le fait qu’il parle des animaux pour parler des êtres humains. C’est bien Albert Jacquard qui a dit que nous ne sommes pas au sommet de l’évolution, mais uniquement un singe parmi les singes. A regarder certaines personnes se comporter, on se voit confirmée dans cette pensée. Le fait que d’autres aient cessé de se comporter comme des singes ne veut pas dire qu’ils ne sont plus des animaux, ils ont juste fait quelques pas plus rapides sur la spirale de l’évolution.
Comme moi, le Dalaï-Lama part du plus petit dénominateur commun, ici le nourrisson entièrement dépendant de l’affection et de l’aide matérielle de ses parents ou d’un environnement adulte, l’être humain en situation de vulnérabilité a aussi des droits quant à son besoin d’affection et d’aide matérielle. Le fait que tellement de personnes se suicident montre bien que nous ne respectons plus rien, que nous méprisons les personnes envers lesquelles nous avons des responsabilités. Si nous refusons ces responsabilités, nous nous comportons comme ces animaux qui n’ont aucun lien de responsabilité face aux congénères qui les entourent. Nous sommes bel et bien dépendants les uns des autres car nous sommes tous interconnectés, dans les familles, dans les entreprises, dans les associations. Nous sommes les membres uniques d’un immense monde interdépendant. Il poursuit : "Compte tenu de cette réalité, nous ne pouvons échapper à la nécessité de prendre soin les uns des autres."
On ne protège bien que ce que l’on aime. Et pour l’aimer, il faut le connaître. Et pour le connaître, il faut se donner des chances de faire connaissance. Et pour se donner ces chances, il faut rester ouvert à l’autre, à ses différences, à ses forces et à ses faiblesses. C’est ainsi que je suis arrivée à tisser des liens de fraternité d’âme et de coeur avec deux Africains dont j’ai fait connaissance sur Internet et que, en près de neuf ans, je n’ai vus qu’au maximum deux semaines en tout. C’est une expérience des plus jouissives.
Et pour finir, j’aimerais reprendre les paroles du Dalaï-Lama car je ne pourrais mieux le dire : "Maintenant, si nous élargissons cette logique de dépendance, constatée dans la famille, à la communauté et à la société, au niveau national et international, et même à l’économie et à l’environnement, nous constatons à quel point nous sommes tous interconnectés, combien ce monde est interdépendant. Compte tenu de cette réalité, nous ne pouvons échapper à la nécessité de prendre soin les uns des autres. Cela n’a rien à voir avec la religion. Je ne parle pas de Dieu ou du Bouddha. Je parle de comprendre et d’apprécier ce monde hautement complexe et interdépendant. Dans cette perspective, même du point de vue de la survie individuelle et du bine-être personnel, on peut argumenter en faveur d’un système éthique basé sur l’affection. L’affection que ressent un jeune enfant n’est pas motivée par la foi, elle est naturellement très forte(1). Je pense que notre erreur vient du fait qu’en grandissant, nous nous croyons indépendants. Nous pensons que pour réussir nous n’avons pas besoin des autres, sauf peut-être pour les exploiter. C’est la source de bien des problèmes, scandales et corruptions. Mais si nous avions plus de respect pour la vie des autres, davantage de bienveillance et de conscience, le monde serait différent. Nous devons intégrer la réalité de l’interdépendance. Alors, les individus découvriront que, conformément à cette réalité, l’affection et la compassion sont essentielles pour que les choses puissent vraiment changer."
(1) Je pense qu’elle vient de l’instinct de survie.
