Sonia J. FATH
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Sommes-nous prêts à changer ?

Le Dalaï-Lama et l’Éveil

mardi 15 septembre 2009, par Sonia

Avons-nous oublié l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Etre Humain ? Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

En relisant un ancien exemplaire de Éveil et Évolution, je suis tombée sur une interview du Dalaï-Lama où il dit qu’en occident "nous avons perdu le fondement éthique que les traditions religieuses nous apportaient." Comme moi depuis des années, il se demande "comment trouver une nouvelle morale adaptée à notre époque scientifique". Je dirais même, notre époque financière puisque tout tourne autour de l’argent et de l’intérêt personnel.

Dans cette interview, il raconte son entretien avec un politicien allemand qui voudrait que l’éthique et la morale se fondent sur une foi religieuse. C’est vouloir cacher tout le mal qui a été fait au nom de la religion. En 2009, on sait ce que la religion a apporté, ce qu’elle a fait et tout ce qu’elle n’a pas fait, elle ne peut donc avoir vocation à être le fondement de la morale et de l’éthique. Un exemple concret des méfaits de l’Eglise et en particulier du pape, c’est qu’elle ne se préoccupe pas de réduction de la population bien au contraire. Comme si nous vivions encore dans les mêmes conditions qu’en l’an 2000, elle profession la multiplication à l’infini des enfants. C’est dans un petit film que j’en ai eu, une fois de plus, la représentation. Une femme demande à un homme : "Tu as des enfants ?" Lui répond : "Oui, 4". Dans ma tête, je me dis cela fait au moins 2 de trop en raison des dégradations immenses de l’homo sapiens de la planète. Et lui de rajouter : "Tu sais nous sommes catholiques !" Est-ce que être catholique empêche de réfléchir, de poser des questions ? Comment peut-on encore penser dans ces catégories rétrogrades à une époque où tant de gens meurent de faim, car il n’y a plus assez pour tout le monde sur terre, puisque les gros cochons d’Occident ont besoin de tellement de calories.

Dans son interview, le Dalaï-Lama rajoute : "Selon moi, un système moral doit nous fournir un code de conduite ou une manière de penser qui tiennent compte du bien-être et de la joie à long terme. Et je crois que nous devons trouver une éthique séculière, autrement dit non religieuse."

C’est tout à fait mon point de vue et ce à quoi je travaille depuis plus de 10 ans. J’adore aussi le fait qu’il parle des animaux pour parler des êtres humains. C’est bien Albert Jacquard qui a dit que nous ne sommes pas au sommet de l’évolution, mais uniquement un singe parmi les singes. A regarder certaines personnes se comporter, on se voit confirmée dans cette pensée. Le fait que d’autres aient cessé de se comporter comme des singes ne veut pas dire qu’ils ne sont plus des animaux, ils ont juste fait quelques pas plus rapides sur la spirale de l’évolution.

Comme moi, le Dalaï-Lama part du plus petit dénominateur commun, ici le nourrisson entièrement dépendant de l’affection et de l’aide matérielle de ses parents ou d’un environnement adulte, l’être humain en situation de vulnérabilité a aussi des droits quant à son besoin d’affection et d’aide matérielle. Le fait que tellement de personnes se suicident montre bien que nous ne respectons plus rien, que nous méprisons les personnes envers lesquelles nous avons des responsabilités. Si nous refusons ces responsabilités, nous nous comportons comme ces animaux qui n’ont aucun lien de responsabilité face aux congénères qui les entourent. Nous sommes bel et bien dépendants les uns des autres car nous sommes tous interconnectés, dans les familles, dans les entreprises, dans les associations. Nous sommes les membres uniques d’un immense monde interdépendant. Il poursuit : "Compte tenu de cette réalité, nous ne pouvons échapper à la nécessité de prendre soin les uns des autres."

On ne protège bien que ce que l’on aime. Et pour l’aimer, il faut le connaître. Et pour le connaître, il faut se donner des chances de faire connaissance. Et pour se donner ces chances, il faut rester ouvert à l’autre, à ses différences, à ses forces et à ses faiblesses. C’est ainsi que je suis arrivée à tisser des liens de fraternité d’âme et de coeur avec deux Africains dont j’ai fait connaissance sur Internet et que, en près de neuf ans, je n’ai vus qu’au maximum deux semaines en tout. C’est une expérience des plus jouissives.

Et pour finir, j’aimerais reprendre les paroles du Dalaï-Lama car je ne pourrais mieux le dire : "Maintenant, si nous élargissons cette logique de dépendance, constatée dans la famille, à la communauté et à la société, au niveau national et international, et même à l’économie et à l’environnement, nous constatons à quel point nous sommes tous interconnectés, combien ce monde est interdépendant. Compte tenu de cette réalité, nous ne pouvons échapper à la nécessité de prendre soin les uns des autres. Cela n’a rien à voir avec la religion. Je ne parle pas de Dieu ou du Bouddha. Je parle de comprendre et d’apprécier ce monde hautement complexe et interdépendant. Dans cette perspective, même du point de vue de la survie individuelle et du bine-être personnel, on peut argumenter en faveur d’un système éthique basé sur l’affection. L’affection que ressent un jeune enfant n’est pas motivée par la foi, elle est naturellement très forte(1). Je pense que notre erreur vient du fait qu’en grandissant, nous nous croyons indépendants. Nous pensons que pour réussir nous n’avons pas besoin des autres, sauf peut-être pour les exploiter. C’est la source de bien des problèmes, scandales et corruptions. Mais si nous avions plus de respect pour la vie des autres, davantage de bienveillance et de conscience, le monde serait différent. Nous devons intégrer la réalité de l’interdépendance. Alors, les individus découvriront que, conformément à cette réalité, l’affection et la compassion sont essentielles pour que les choses puissent vraiment changer."

(1) Je pense qu’elle vient de l’instinct de survie.

2 Messages de forum

  • Sommes-nous prêts à changer ? 18 septembre 2009 08:50, par Noelmh

    Tout à fait d’accord avec toi. Les relations avec les autres sont essentielles, l’entraide et la solidarité sont le vecteur de la richesse de coeur. Ceux qui en sont dépourvus marchent sur les autres et écrasent tout, à tous les niveaux (humains, social, environnement) ne pensant qu’à leur petit bonheur perso. Je leur souhaite toujours de n’avoir pas un jour besoin des autres, car ils seraient alors bien seuls.

    "ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre". Il s’agit aussi de liberté de s’occuper des autres. Si je n’ai pas le temps, ne serait-ce que de penser à l’autre ou de lui envoyer une carte ou de lui passer un coup de fil alors je ne suis pas libre et j’écrase l’autre par mon absence d’attention. Il s’agit là de mépris. Si je suis un gros consommateur alors j’attente à la liberté des autres de vivre dans un environnement sain. C’est encore du mépris.

    Je déteste par dessus tout la phrase "La vie est courte, il faut en profiter". Et on brûle la chandelle par ses deux bouts à toute allure. On bouffe comme quatre, on voyage dans le monde entier, on achète tout ce qu’on veut etc, quelle horreur. Et on reproche à la société de ne rien mettre en place pour tout réparer : les dégats sur la santé (quel est le prix des soins), des dégats à l’environnement (non chiffrables), des dégats sur les autres qui ne peuvent accéder aux mêmes choses(non chiffrables). Je pense là à une personne qui avoulu manger et boire comme elle l’entendait, elle a fini sa vie amputée des deux jambes et grabataire. Quelle souffrance pour son entourage. Paix à son âme. Elle ne savait peut-être pas. Le prix à payer est trop cher et pense que l’on n’a pas le droit de faire cela. (Et pourtant combien agissent ainsi en sachant.) Cela n’est même pas chiffrable , et pas inclus dans le PIB

    On me reproche parfois ma générosité, pas forcément pécuniaire car celle-ci est limitée mais de coeur eh bien cela me révolte. Bien sûr qu’il ne faut pas tout donner car on se perd mais on peut en donner tellement. Cela rend en premier lieu heureux et apporte le bonheur et non le plaisir égoïste de tout posséder et garder pour soi. Sobriété, mesure, bonheur, liens humains. Bien sûr cela n’est pas donné à tout le monde mais on peut changer.

    Peut-être est-ce pour cela que j’ai quitté le social car on ne peut donner sans rendre de comptes et on ne peut répondre sans se perdre, car il n’y a plus de mesure dans les réponses à donner à ceux qui demandent. Le Dalaï lama a raison. Combien y a-t-il de gens qui qui ont perdu le fondment éthique ? Même chez ceux qui pratiquent encore leurs traditions religieuses.

    Lorsqu’on est vraiment croyant, il faudrait respecter ce que Dieu ou Les Dieux nous ont donné, tout ce qu’ils nous ont donné. J’ai entendu dernièrement lors d’une messe télévisée un prêtre dire, "l’homme est au centre du monde" Je veux bien , mais l’homme est aussi le seul à décider d’être au centre du monde et c’est là son problème le plus grave car cela le rend terriblement dominateur sans souci pour ce qui l’entoure. Il ne s’agit plus de prédation, il s’agit de ... Je ne trouve pas le mot. Il faudrait à chaque geste que nous voulons faire, à chaque acte que nous voulons poser, se poser la question de l’impact qu’il aura. Et là on apprend naturellement la mesure envers l’autre. Ne serait-ce pas là de la décroissance ? Bonne journée

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  • Sommes-nous prêts à changer ? 20 septembre 2009 00:17, par lool_lauris

    Bonjour,

    Qu’il est rassurant de lire des choses que l’on ressent depuis si longtemps ; que l’on exprime rarement parce qu’elles ne sont pas toujours faciles à évoquer et surtout pas vraiment évidentes à faire partager !

    ... L’humilité indispensable et nécessaire à une compréhension de l’autre, du vivant et même de l’inerte ...

    Comprendre que nous ne sommes que des animaux doit nous permettre de nous recadrer dans un monde où effectivement nous sommes ( animaux, végétaux et minéraux) totalement interdépendants ... nous avons juste ce petit plus de conscience qui devrait nous permettre de nous en sortir ... du moins de l’espère ... Mais souvent je doute !

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