Sonia J. FATH
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Mendier pour l’Ordre ASD et la dignité

dimanche 19 juillet 2009, par Sonia

Cette association de mots pourrait sembler étrange dans le monde d’aujourd’hui puisque c’est précisément aux mendiants que l’on refuse toute dignité humaine en leur refusant aussi bien le logement que l’emploi. En tant qu’êtres humains, ils ont droit en France à 1500 euros selon la loi de la dignité humaine. Ce qui leur manque est légalement volé, déplacé vers les riches du genre Bolloré, Dassault et autres qui disposent de revenus totalement indécents, que je me permets d’appeler criminels car ils n’ont plus rien à voir avec la réalité de leurs capacités et de leur savoir, ni même de leur responsabilité. L’article "Rémunérer les humains selon leur QI" a eu de nombreuses visites, même si ce n’est qu’une ébauche de réflexion, mais cela me montre bien qu’il faut réfléchir autrement à la question des revenus de tout un chacun et de fixer des limites.

Je réfléchis depuis longtemps aux possibilités de faire comprendre aux gens leur potentiel de construction ou de destruction de l’environnement proche et lointain des autres gens, ma créativité et mon imagination ont développé plusieurs concepts. Et je me suis rappelée l’image de ces bonzes d’Asie qui descendent tous les jours de leur monastère en ville pour mendier ou plutôt recevoir un bol de riz de femmes qui font la queue au bord de la route et qui leur remettent à chacun une bouchée de riz. C’est le concept de la redistribution de richesses : ceux qui ont plus donnent à ceux qui ont moins, et l’équilibre est rétabli, car une société n’est juste que si elle est en équilibre. Notre société est profondément injuste car totalement en déséquilibre. Je trouve cette image des bonzes dans la rue très belle, une union parfaite entre la spiritualité des bonzes et la matérialité des habitants.

Avec l’Ordre Aline Sitoé Diatta, il est ainsi prévu de descendre un jour par semaine, chaque fois dans une autre ville, et d’inviter les gens à faire de la redistribution de richesses. D’une part, cela aura pour effet de pouvoir entrer en discussion avec des personnes sur des sujets qui concernent la société d’équilibre. D’autre part, cela permettra aux gens de prendre conscience de leur rôle dans la société. Et troisièmement, cela permettra aussi de donner à nouveau de la valeur au don gratuit.

La plupart des gens ne comprennent pas que l’argent qu’ils ont n’est pas nécessairement l’argent qu’ils méritent en raison de leur force de travail et de leurs connaissances. Car si la conscience morale implique que nous avons tous les mêmes droits, mais que nous ne sommes pas tous égaux, il en résulte qu’il faut créer des limites de revenus. Et pour arriver à penser dans de telles catégories, il faut en discuter, en faire la pratique. Ne pas être tous égaux signifie pour nous qu’il y a des différences d’âge, de savoir, de compétences mais jamais de statut social. Le concept de statut social permet de faire de bébés qui viennent de naître, tout nus qu’ils soient, des filles et fils de riches ou de pauvres, pré-conditionnés, peu importe leurs compétences et leur savoir et surtout peu importe la société d’équilibre des consciences éveillées. C’est ainsi que l’on trouve à la tête de certains états, de certaines villes, de certaines entreprises des personnes qui ne peuvent se maintenir à leur poste que parce que leur entourage fait leur travail et parce qu’elles disposent de la force destructrice de la loi de la jungle.

Les appartements de certains dirigeants africains à Paris sont un bon exemple pour montrer que la richesse est mal acquise. Les revenus d’un dirigeant africain devraient se mesurer au revenu moyen du pays qu’ils dirigent, il en va du reste de même des dirigeants occidentaux.

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