Sonia J. FATH
En ce jour du 7 août 2007, je prononce devant ceux qui me sont proches ainsi que devant l’humanité tout entière et ceci grâce à Internet, mes vœux d’engagement à vie dans un acte de réparation face à une dette contractée en Afrique. Le responsable : un général français dont je ne connais pas le nom jusqu’à présent. Le résultat : la mort d’Aline Sitoé Diatta de Casamance, jeune femme de cœur et de conviction, résistante active à la domination française au cours de la Seconde Guerre Mondiale.
Témoignage
Je perçois cet engagement comme la réponse directe au devoir de réparation tel que le concevait Albert Schweitzer dans son petit texte intitulé "Notre dette" :
"Une dette pèse sur nous et sur notre civilisation. Nous ne sommes pas libres de choisir si nous voulons, oui ou non, faire du bien aux hommes de couleur ; nous le devons. Le bien que nous faisons est un acte, non de charité, mais de réparation. Pour chaque homme qui a fait souffrir, il en faut un qui parte et porte secours.
Et quand nous aurons fait tout ce qui est en notre pouvoir, nous n’aurons réparé qu’une toute petite partie des fautes commises. Tels doivent être les principes essentiels de toutes les œuvres philanthropiques dans les contrées lointaines."
Je perçois cet engagement également comme la consécration d’une lutte menée déjà depuis de nombreuses années et jamais terminée pour l’égalité entre noirs et blancs, pour le développement d’un exemple d’économie équilibrée par un commerce plus équitable et des relations plus solidaires entre les êtres humains pour vivre les uns pour les autres et non les uns contre les autres.
Cette lutte, je l’ai portée aussi bien dans la cité en créant des associations et de très petites entreprises où les valeurs humaines sont toujours supérieures aux valeurs matérielles. Mais je l’ai portée aussi en politique en posant ma candidature humaniste aux Cantonales de Mundolsheim en 2004 et aux Législatives de Strasbourg 1 en 2007.
Aline, je l’ai rencontrée sur Internet également, il y a de nombreuses années, sous la forme d’un article avec le titre "La visionnaire de Kabrousse". Je ne l’ai pas oubliée. Et en cherchant un nom, une personne pour mon engagement, je me suis décidée pour elle, d’abord parce qu’elle est africaine et ensuite parce qu’elle est femme. Mon acte de réparation a désormais un nom, à défaut d’un visage.
Et mon acte de réparation se traduit par un engagement en faveur de l’Afrique. Cet engagement touche quatre aspects fondamentaux de ma vie de citoyenne active : la relation à l’argent dans tous les domaines de la vie, la protection de l’environnement, les relations humaines, une politique respectueuse de l’être humain.
Je m’engage à la simplicité volontaire
Je m’engage à la pratique d’une écologie active
Je m’engage à promouvoir partout où c’est possible l’égalité entre femmes et hommes de toutes les cultures à commencer par Africains et Européens
Je m’engage à défendre des valeurs humanistes en politique, en économie et dans la vie de tous les jours partout où je serai.
